Samedi 21 Septembre 2013 :

Présentation du livre par André Caillet, Soroptimist du club de Bruxelles Sablon

lors de la

Celebration du 50ème Anniversaire du Traité de l'Elysée

et de

l'amitié franco-allemande soroptimist

au

Palais des Affaires Etrangères à Paris, Quay d'Orsay

***

 

 

Un être vivant qui a traversé la mort *

Vivant par ses contradictions, sa rage devant l’horreur, les guerres, les injustices, son besoin de tendresse souvent incompris, son besoin d’échanges principalement avec les jeunes.

Écorché vif depuis son jeune âge mais passionné par la musique dont l’étude fut interrompue par la guerre, par le violon qu’il lui était désormais difficile de pratiquer, par la beauté qu’il admirait, par l’amitié rare qu’il recherchait.

Après la Marche de la Mort, Jacques libéré à Dachau à la veille du 1er mai 1945 – date fétiche – a gardé jusqu’à la fin de sa vie la marque de son passage à Auschwitz.

Le souvenir de cette période a occupé son esprit jour et nuit.

Sollicité comme bien d’autres rescapés, il est allé pendant des années parler de son parcours de vie dans les écoles.
Accomplissant ainsi un travail de mémoire, il exhortait les jeunes à ne pas oublier les événements du passé afin d’éviter à tout prix que de telles ignominies ne se reproduisent, il les incitait à s’engager dans l’amour des autres.

En vieillissant, lorsque la maladie inéluctable le rattrape, il se met à écrire, à peindre.
à chaque tableau correspond un texte : les œuvres sont de petites dimensions, les textes concentrés. En jeux de couleurs sensuelles, il s’est attaché à montrer plusieurs thèmes où le rouge domine.


Couleur de sang et lumière jaillissante.
Contraste entre la vie et la mort.
Toujours, ce contraste mort-vie selon la sensation du moment.
Toujours aussi des taches violentes, des yeux.
Des yeux partout. Les siens ?
Les vôtres peut-être ?
Partout, scrutant le monde.


En écriture, en peinture, d’un côté, il transpose l’enfer vécu des camps,
visions cauchemardesques, traits torturés, cris ponctués d’interrogations et d’exclamations.
Réponse à la question cruciale : « Comment écrire et peindre après Auschwitz. »

D’un autre côté, il chante la nature en variations subtiles, l’amour de la vie, l’engagement, dans des tonalités vives et tendres à la fois.

De mémoires ou de rêves, il couvrit ainsi de son imaginaire des centaines de feuilles à dessin et d’une manière originale ses radiographies.
Gouaches ou huiles, son art vous émeut.

Avant de décéder, il a souhaité créer avec son épouse une Fondation qui viendrait en aide, sans discrimination aucune, à la jeunesse, illustrant les deux mots clefs qu’il répétait « Amour et Générosité ».
Celle-ci s’appelle Fondation « Mains ouvertes-Dignité de vie ».

Par ailleurs, conjointement avec la Fondation Auschwitz , un prix « Jacques Rozenberg » couronne annuellement une thèse universitaire.

Andrée Caillet-Rozenberg
Administrateur du Réseau belge de Fondations asbl

* citation de Jorge Semprun