Des ombres avancent

À l’aube d’une journée nouvelle semblable à tant d’autres,
après une nuit d’inquiétude et d’anxiété – sans repos –
des ombres avancent
avec cette démarche d’esclaves condamnés
à toutes les tortures :
coups, faim, froid.
Désespoir.
On se traîne,
le corps penché en avant, réduits à l’état de zombis.
À l’envers, à l’endroit.
Accidents nombreux prévus.
Mort permanente.
Capo criant, frappant.
Il n’est pas épuisé… lui.
De plus, ainsi, il croit se sauver.

À l’envers, à l’endroit,
Bon pour l’esclavage à bon compte.
Un homme a dépassé l’interrogation.
Pour survivre,
il devra, à sa manière, assimiler rapidement les règles du système concentrationnaire.
Un travail moins épuisant,
un bout de quelque chose à manger
qu’un SS aura rejeté,
moisi, immangeable, recraché.

Honte subie en larmes silencieuses.

Qu’est donc à 20 ans la vie devenue ?
À peine vécue.